Chers amis du musée de l'informatique, membres de l'association AntéMémoire, et simples curieux qui suivez notre actualité, je suis pour une fois heureux de vous écrire aujourd'hui. Heureux car soulagé, la justice est passée et même si aucune solution concrète ne vient compenser encore la fermeture forcée du musée il y a 18 mois, la justice est passée et a défendu David (La société du Toit de la Grande Arche, le musée de l'informatique et le musée du jeu vidéo) contre le Goliath composé des fonctionnaires omnipotents et injustes du ministère du développement durable. Petit rappel rapide pour ceux qui prennent le sujet en cours de route : - avril 2010, le musée est contraint à la fermeture sur décision unilatérale, injustifiée à nos yeux, sans aucune négociation, prise par une direction "support" du ministère du développement durable. A l'époque le Secrétaire Général du ministère, Didier Lallement et le Ministre Jean-Louis Borloo, valident cette décision de fermeture de la Grande Arche au public - malgré une importante campagne de presse, rien ne fait changer d'avis les fonctionnaires du ministère qui s'enferment dans leur décision et ses conséquences (licenciement des 50 salariés du Toit de la Grande Arche et de ses sous-traitants par exemple), malgré également le changement de ministre (NKM arrive à ce poste) et de secrétaire général (Jean-François Monteils confirme la décision de son prédécesseur) - en décembre 2010, la justice est saisie d'une demande d'expulsion du musée par le ministère, en référé. Le ministère est débouté de sa demande et fait appel. Le 12 octobre dernier la Cour d'Appel de Versailles a entendu les parties; un débat très technique entre juriste. Un détail a égratigné le travail des bénévoles du musée de l'informatique, quand l'avocat du ministère a mentionné devant la Cour ce qu'il a appelé le "prétendu musée de l'informatique". La Cour d'Appel vient de rendre son verdict, confirmant intégralement le jugement précédent, et déboutant de nouveau l'Etat de toutes ses demandes. Un second jugement, par une Cour d'Appel importante, qui confirme qu'aucun élément ne rend nécessaire notre expulsion et indirectement la fermeture de la Grande Arche dans les conditions dans lesquelles elle a été imposée par l'Etat. Un jugement très important, favorable pour la seconde fois au musée de l'informatique et au Toit de la Grande Arche, qui démontre que les pratiques d'un Etat qui se croit en droit de procéder sans respect des personnes et des organisations, peuvent être dénoncées par une justice plus équitable. Alors concrètement, cela ne change rien, en tous cas pour le moment. La Grande Arche reste fermée au public et ce n'est qu'une étape d'une longue bataille de procédures judiciaires. Mais à lire entre les lignes, on peut deviner que si des négociations étaient ouvertes, la position du Toit de la Grande Arche et du "prétendu" musée de l'informatique se trouverait consolidée par ces deux décisions judiciaires rendues en notre faveur. Comme d'habitude, pour être totalement transparent, vous trouverez en pièce jointe la copie du jugement de la Cour d'Appel, caviardé des noms propres pour respecter la loi.
La justice prend son temps, surtout quand elle traite des affaires dans lesquelles l'Etat est lui-même partie. Au mois de décembre dernier, comme nous le relations sur ce blog (http://grandearche.posterous.com/le-ministere-du-developpement-durable-deboute), l'Etat qui avait demandé en référé l'expulsion de la société du Toit de la Grande Arche avait été débouté par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre dans un jugement très argumenté et dont les attendus ne manquaient pas d'ironie. Mais l'Etat n'aime pas être contraint à reconnaitre ses erreurs et plutôt que de saisir cette occasion de discussion, le ministère du développement durable a préféré faire appel de cette décision en référé. Nous ne sommes donc pas encore à l'étape du jugement sur le fond ! Nous n'en sommes qu'à l'appel du référé, dix-huit mois après la fermeture effective de la Grande Arche au public. L'affaire vient donc demain, mercredi 12 octobre, devant la Cour d'Appel de Versailles. J'y serai bien entendu, sans doute rejoint par nos amis du musée du jeu vidéo, ne serait-ce que pour soutenir la direction du Toit de la Grande Arche. Et nous vous tiendrons bien entendu informés de la suite... mais à la vitesse de la justice....
Photo Feuilllu (via Flickr) : http://www.flickr.com/photos/feuilllu/
Invité du 20heures de TF1 ce soir, Jean-Louis BORLOO pourrait profiter de ce podium médiatique pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle, ou son renoncement. Il y occupera le siège de Dominique Strauss-Kahn, lors de la fameuse interview de Claire Chazal il y a tout juste deux semaines. Sur ce blog, forcément politique puisque la fermeture imposée du Toit de la Grande Arche et du musée de l'informatique, est une décision administrative et politique, nous ne pouvons bien entendu pas accueillir cette annonce avec le sourire. Tout simplement parce que pour les salariés, bénévoles, passionnés et simples visiteurs, l'image "sociale" de l'ancien ministre du développement durable raisonne de manière différente… Les 50 salariés qui ont perdu leur emploi, licenciés de fait suite à la décision du ministère du développement durable de fermer le Toit de la Grande Arche… Les dizaines de bénévoles qui ont travaillé pendant cinq ans à la conception et à l'animation du musée de l'informatique et qui ont vu leur travail balayé par une décision inique de fonctionnaires qui les ont méprisés… L'équipe du musée du jeu vidéo qui a travaillé pendant des mois pour ouvrir cet espace et le voir fermé deux semaines après, gâchant du même coup la subvention accordée pour ce projet par le ministère de la culture… Les 4000 signataires de la pétition qui nous ont demandé de les tenir informés… Les centaines de milliers de touristes, élèves des écoles, étudiants, qui n'ont pu monter depuis avril 2010 au sommet de la Grande Arche et visiter les musées de cette culture numérique qui y étaient installés… Toutes ces personnes, qui sont aussi des électeurs, ont été véritablement ignorés, ou pire, méprisés, par les services de Jean-Louis Borloo, par les fonctionnaires du ministère du développement durable, par les services de Nathalie Kosciusko-Morizet qui nous avaient promis d'agir et dont nous ne pouvons que constater l'impuissance… Alors si vous choisissez cette voie, Monsieur l'ancien ministre, sachez qu'un certain nombre de personnes ne vous oublieront pas, et n'oublieront pas votre action, qui a aboutit à ce gâchis que nous évaluons à 2 millions d'euros par an d'argent public gaspillé.
Merci aux auteurs du bulletin "Les nouvelles de l'Observatoire du Développement Durable" qui m'ont ouvert leurs colonnes dans leur numéro 631 du 28/02/2011 et généreusement offert leur édito pour rappeler qu'il y a tout juste dix mois, le toit de la grande arche fermait ses portes au public, entrainant la fermeture du musée de l'informatique et du musée du jeu vidéo. Edito que je reproduis ci-dessous. Edito : En revenant de l'Expo ================================ 10 mois... Et oui, il y a tout juste 10 mois, le 24 février 2010, le musée de l'informatique et le musée du jeu vidéo fermaient leurs portes au public. Non par désintérêt, bien au contraire, mais par un concours de circonstances et de gestion erratique du Toit de la Grande Arche. Que s'est-il passé en dix mois ? Pas grand chose... la Grande Arche est toujours fermée au public, 250 000 visiteurs potentiels par an y trouvent porte close, 50 salariés ont été licenciés à partir du 31 décembre dernier... et tout cela pour rien, car des procédures judiciaires à répétition vont bloquer la situation pendant de longues années. Tous les jours je reçois des demandes de visites scolaires, devant expliquer à des professeurs désemparés que le seul musée de l'informatique en France est fermé au public... sans véritable bonne raison. La semaine dernière c'est une agence de voyage, organisant un séjour en France pour 100 étudiants en informatique japonais qui espérait bien mettre le musée à son programme... dommage. Nos amis du musée du jeu vidéo, contraint à la fermeture 15 jours après leur ouverture, ont très durement accusé le coup... et le coût d'ailleurs. Le porte-parole du projet a été contraint de s'arrêter pour raisons de santé pendant plusieurs mois (il avait travaillé à temps plein plus de six mois sur le projet pour le voir capoter au bout de deux semaines), et nos amis qui avaient investi près de 300 000 euros dans le projet regrettent bien entendu cette issue. Le musée de l'informatique est parti à la conquête de nouveaux territoires. Sous forme d'exposition temporaires (en septembre dernier à Courbevoie pour les 60 ans de la SEA, en avril prochain à St-Ouen pour la fête de l'internet...) et sous forme de projets à plus long terme. Nous sommes positionnés par exemple sur un projet de revitalisation du site du LRBA à Vernon dont nous ferions partie, et également sur un projet à Sophia-Antipolis. En ce qui concerne Paris, après des mois d'attente, le changement de gouvernement nous a permis de rencontrer de nouveaux interlocuteurs. Et le cabinet de la ministre du développement durable semble avoir récemment pris conscience de la situation. Et semble vouloir nous aider à trouver une solution. C'est enfin un point positif après dix mois de grande tristesse pour l'histoire de l'informatique en France. IBM fête ses 100 ans cette année. C'est le premier constructeur informatique dans ce cas. Fêterons-nous cet anniversaire dans un pays sans musée de l'informatique, alors que les américains viennent d'inaugurer leur nouvelle exposition au musée de Mountain View avec plusieurs dizaines de millions de dollars de mécénat privé ? Allez, courage, on y croit !
Un petit coin de ciel gris clair dans un océan de désillusions… Après neuf mois de silence méprisant, de non réponse à nos demandes et de fins de non-recevoir, l’année 2011 commençait par la publication d’une lettre ouverte adressée à Nathalie Kosciusko-Morizet. Nouvelle ministre en charge depuis le remaniement des dossiers laissés par son prédécesseur Jean-Louis Borloo, elle hérite en effet du « dossier » musée de l’informatique, qu’elle connaissait cependant bien pour avoir parrainé le congrès de janvier 2010 sur l’internet du futur et pour avoir été saisie au titre de l’économie numérique, de la disparition prévue de notre travail de mémoire.
Et donc après neuf mois d’impossibilité de discussion avec les services du ministère, le dossier n’ayant donc pas avancé d’un pouce, nous avons été heureux de recevoir fin janvier un courrier du cabinet de la ministre, nous proposant un rendez-vous rapide afin de faire le point sur la situation. Quand je dis « nous », c’est que Musée de l’informatique et Musée du jeu vidéo, ayant tous les deux interpellé la ministre, avons reçu tous deux cette proposition de rendez-vous.
Après quelques péripéties dont je vous épargnerai les détails, c’est ce lundi à 15h que nous avons pu rencontrer Pascal Berteaud, directeur adjoint du cabinet et Valérie Cocozza, chef de cabinet, au cabinet de la ministre, boulevard Saint-Germain.
Sceptique par nature, et par nécessité après ces derniers mois d’affaire, j’abordais ce rendez-vous avec espoir, mais sans pour autant en nourrir de faux. Dans une ambiance très détendue, nous nous sommes tout d’abord rappelés mutuellement que la situation avait été créée en avril 2010, alors que nos interlocuteurs n’avaient pas été nommés à ces postes. Nous avons pu ainsi aborder le sujet sans ressentiment de part et d’autre.
J’ai présenté à Madame Cocozza et à Monsieur Berteaud une synthèse rapide de l’histoire du musée de l’informatique, des événements qui y furent organisés, de la situation actuelle, et Jean-Philippe Alba a fait de même pour le musée du jeu vidéo. Je dois reconnaître que nous avons été écoutés avec attention et c’est déjà pour nous un premier point positif.
Nous avons ensuite parlé de la Grande Arche et de son toit… car ne l’oublions pas, le problème de l’avenir de nos deux musées ne vient pas d’une décision politique nous concernant. Mais bien d’un problème latent depuis vingt ans, celui du Toit de la Grande Arche, et peut-être même celui du bâtiment dans son ensemble. Gouffre financier en entretien, en contraintes de sécurité, difficile à rentabiliser, il a vu les projets d’exploitation se succéder sans succès et les gouvernements se désintéresser totalement de son entretien. Vingt ans après son ouverture, les rafistolages ne suffisent plus à cacher la misère et le bâtiment montre son vrai visage. Selon Pascal Berteaud, les charges (hors loyer) d’entretien du seul toit de la grande arche se monteraient à 500 000 euros par an. Amortir ces charges, le prix d’un loyer normal et les coûts de sécurité imposés par un cahier des charges drastique (pour les spécialistes : un ERP installé au sommet de deux IGH), semble difficile voir impossible. D’où la décision brutale et de mon point de vue prise sans réflexion suffisante par les fonctionnaires du ministère de fermer le toit de la grande arche en avril dernier, sans ce soucier des conséquences humaines, économiques et sociales.
Je ne reviendrai pas ici sur les procédures judiciaires en cours. N’en étant pas partie au sens juridique du terme, les informations que je collecte ne sont que partielles et en retard. Seule certitude sur laquelle tout le monde s’accorde, nous en avons pour des années de procédure ! Et il faudra attendre la sortie du livre qui racontera, dans cinq ou dix ans, ce scandale pour savoir toute la vérité.
Quoiqu’il en soit, nous avons su attirer l’attention de Pascal Berteaud sur la déception que représente pour des centaines de milliers de visiteurs et des centaines de groupes scolaires la fermeture du musée de l’informatique et du musée du jeu vidéo. Nos interlocuteurs ont semblé regretter cette situation et vouloir sincèrement nous aider à trouver une solution pour déplacer les deux musées. La conclusion, tout à fait positive, de ce rendez-vous est donc l’engagement pris par nos interlocuteurs de saisir différentes personnes et institutions afin de leur demander d’étudier les moyens de relogement du musée de l’informatique et du jeu vidéo. Des lieux, des organismes ont été cités, mais il me semble trop tôt pour les mentionner ici.
Cependant, comme me l’ont appris ces neuf derniers mois, et comme me l’a appris le fondateur de Intel, Andy Grove, seuls les paranoïaques survivent… je resterais donc très prudent et suis loin de crier victoire. Tout d’abord parce que rien n’est fait. A l’issue de ce rendez-vous le musée de l’informatique n’est pas plus ouvert ou pas moins fermé qu’il ne l’était la veille. Aucune piste concrète, aucune date, n’ont été fixées.
Mais l’intention de nous aider a clairement été exprimée par nos deux interlocuteurs et, sachant qu’ils lisent certainement ce blog, je les en remercie sincèrement. Ajoutant que lorsque le geste prendra la suite de la parole, nous pourrons alors envisager de sortir ensemble de cette séquence de communication négative qui nous épuise tous. Tant qu’il ne sera question que de procédures judiciaires, de pétitions et de retombées presse, rien de positif ne ressortira.
Voici donc pourquoi il me fallait quelques lignes pour vous rendre compte de ce rendez-vous important. Rien n’a changé, mais une perspective nouvelle s’entrouvre… un petit coin de ciel gris clair dans un océan de désillusions. Dans l’intervalle, vous continuerez bien entendu à m’entendre et à me lire me plaindre de la façon donc la culture scientifique et le patrimoine technologique sont traités en France !
Vous êtes nombreux à me demander des nouvelles de ce que nous appelons maintenant "l'affaire de la grande arche" et en particulier de ses développements judiciaires. Le sujet est ardu, mais un premier jugement, en référé, a été rendu le 20 décembre 2010 par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Il peut en être obtenu copie en vous adressant directement au greffe du TGI de Nanterre dont voici les coordonnées : http://www.ca-versailles.justice.fr/index.php?rubrique=10867&ssrubrique=10894. Il faut en faire la demande par courrier et être patient... Mais vous pouvez retrouver ci-dessus copie du jugement "caviardé" conformément aux conseils de la CNIL. Les noms des personnes physiques citées dans la procédure ont été rendus illisibles. Cela ne change pas grand chose car nous sommes dans une procédure entre personnes morales, les seuls noms qui disparaissent sont ceux des avocats, du juge et des greffiers. Le Tribunal de Grande Instance a été saisi de deux demandes croisées : - la société du Toit de la Grande Arche a demandé début novembre que l'Etat français soit astreint à réaliser les travaux de réparation des ascenseurs panoramiques de la Grande Arche - l'Etat français demande de son côté l'expulsion sous astreinte de la société du Toit de la Grande Arche Ces deux demandes sont faites "en référé", c'est à dire dans une procédure urgente qui impose au juge de statuer rapidement mais sans examiner le fond de chacun des dossiers. Le musée de l'informatique n'est pas cité dans cette procédure tout simplement parce que nous ne sommes que partenaires de la société du Toit de la Grande Arche. Je n'étais donc ni présent, ni représenté à l'audience, ni ne le serai aux suivantes. D'où le délai pour vous tenir informé car je dois aller "à la pêche" aux informations. Les débats et l'ordonnance rendue nous apprennent tout d'abord que les ascenseurs ont été réparés depuis le 31 juillet 2010 ! Date à laquelle le ministère du développement durable nous informait de son intention de récupérer les lieux. Il y a donc bien une manoeuvre du ministère qui a tenté de nous faire croire que les ascenseurs ne fonctionnaient pas, avait parlé d'un délai de plusieurs mois... alors qu'en réalité les réparations avaient déjà été effectuées... Les demandes financières du Toit de la Grande Arche sont rejetées, mais pour un vice de forme car la demande n'a pas été formellement adressée à l'Agent Judiciaire du Trésor Public... il suffira sans doute de corriger dans la suite de la procédure cette erreur de forme. Mais le plus croustillant est à venir... le tribunal déboute en effet l'Etat français de sa demande d'expulsion. Il relève à cette occasion que "des documents versés aux débats ont de surcroît démontré que le Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement n'hésitait pas, jusqu'en juin 2010, à s'adresser à la société "le toit de la grande arche" pour louer une partie des locaux du toit, reconnaissant ainsi sans trouble apparent ladite société comme un interlocuteur valable et non comme un "squatter" à faire déguerpir sans attendre"... Eh oui, le ministère louait ponctuellement des salles de réunion à la société qu'elle tente maintenant de faire considérer comme un squatter ! Mais le vice-président du tribunal de grande instance ne s'est pas laissé prendre par cette manoeuvre et a jugé que, s'il ne pouvait juger sur le fond, il était évident que des contestations fondées devaient être débattues et que l'urgence n'était pas manifeste. Alors que retirer de ce premier jugement ? Tout d'abord c'est une première bataille gagnée par la société exploitant le toit de la grande arche et perdue par l'Etat français. Mais c'est surtout le début d'un très long processus judiciaire. L'Etat suite à ce référé ne peut en aucun cas récupérer les lieux, il se mettrait juridiquement gravement en défaut. Mais il ne nous est plus possible de les exploiter non plus. Dans les prochains mois le dossier va être examiné au fond par le tribunal, puis ira certainement en appel, qui sait en cassation, voir même à la cour européenne de justice... tout cela peut prendre 10 ans ! Pendant toutes ces années, le monument public qu'est la Grande Arche restera fermé à tous... quel gâchis ! A moins que dans les couloirs feutrés des cabinets d'avocats et des cabinets ministériels, ce premier jugement conduise le ministère à accepter de réunir les parties prenantes autour d'une table et à entamer des négociations. Un changement de ministre a eu lieu depuis le lancement de ces procédures; on peut imaginer que le conseillers de la ministre actuelle se penchent sur la manière dont ce dossier a été géré, et qu'ils choisissent de ne pas subir les conséquences politiques d'une décision prise par un autre. A la fin de l'histoire, une indemnité, peut-être de plusieurs millions d'euros, sera peut-être versée à une société qui s'est vue spoliée de son activité. Le musée de l'informatique ne touchera rien je vous rassure, nous ne sommes que des victimes collatérales dans ce dossier et comme me l'a dès le début rappelé le ministère "nous ne nous connaissons pas juridiquement". Mais comme citoyen, je resterai choqué de cette mauvaise gestion car si l'Etat est condamné à payer une indemnité à la société du Toit de la Grande Arche, cette indemnité sera payée par de l'argent public, par nous contribuables. Et les fonctionnaires qui auront été à l'initiative de cette mauvaise décision de gestion ne seront bien entendu pas inquiétés... Ainsi va l'administration française... PS : Un de nos correspondants locaux m'a également fait remarquer que la vitre d'un des ascenseurs panoramiques, brisée pendant la tempête de 1999 et qui n'avait jamais été réparée depuis [en raison du coût de production sur mesure d'une telle vitre] rendant du coup inutilisable un ascenseur sur quatre, a miraculeusement été réparée ces dernières semaines... L'administration fonctionnerait-elle à plusieurs vitesses ?
Merci à Delphine SABATTIER, rédactrice en chef de l'Ordinateur Individuel / SVM pour ce très bel article (qualificatif totalement immodeste mais assumé) qui relaie une fois de plus le scandale que représente la fermeture de la Grande Arche au public, l'expulsion du musée de l'informatique et du musée du jeu vidéo, le licenciement de 50 personnes environ... tout cela pour que depuis bientôt un an... rien ne se passe. Un dossier tellement mal initié et conduit par le ministère du développement durable que tout le monde est perdant ! Le contribuable en tout premier plan puisque des centaines de milliers d'euros d'argent public sont gaspillés dans cette histoire... Et le ministère ayant été débouté en décembre de sa demande d'expulsion en référé, le dossier va certainement réussir à trainer des années... à moins que du côté du cabinet de NKM quelqu'un ne s'inquiète enfin de l'impact médiatique et politique de la situation... Le tout illustré d'une bien belle photo, de la face cachée de la Grande Arche, sur la passerelle de Nanterre, juste au dessus du cimetière... La brume était d'origine, et le photographe a magnifiquement su travailler la lumière. Quant au modèle... n'en parlons pas :-) PS : Aucune machine historique n'a été maltraitée pendant cette prise de vue (Message personnel à ceux qui se reconnaitront)
Article de Anne-Sophie DAMECOUR publié dans Le Parisien du 08/01/2011. Le toit de l’Arche va-t-il rouvrir ? Malgré la réparation des ascenseurs panoramiques du toit de la Grande Arche, le site reste fermé au public et les musées de l’Informatique et du Jeu vidéo restent inaccessibles. Il s’en doutait depuis plusieurs semaines, mais il aura fallu attendre une audience, le 8 décembre devant le tribunal de grande instance de Nanterre, pour que Francis Bouvier, président de la société d’exploitation le Toit de la Grande Arche, à La Défense, obtienne la confirmation. Les ascenseurs panoramiques permettant au public d’accéder au site touristique ont bel et bien été réparés par le ministère de l’Ecologie, qui gère les lieux pour le compte de l’Etat, et ce, depuis le… 30 juillet dernier! Pour autant, le toit de l’Arche, qui abrite le musée de l’Informatique et celui du Jeu vidéo, est toujours inaccessible.
Monsieur le Président du Conseil Général, permettez-moi de vous dire que vous êtes bien mal servi... Je vous ai écrit le 6 octobre dernier pour de nouveau vous alerter sur la situation des salariés du Toit de la Grande Arche qui allaient perdre leur emploi, et sur l'impact de cette décision du Ministère du Développement Durable sur les finances publiques. Vous n'aviez pas jugé utile de me répondre, ou vos services n'avaient pas jugé utile de vous faire suivre mon courrier. Et c'est donc avec plaisir et étonnement que je reçois le 14 janvier une réponse à mon courrier datant de plus de trois mois... Une réponse dont quelques détails ont attiré mon attention. Sa date tout d'abord, le 30 novembre. Nous sommes, le Conseil Général et la Grande Arche, à une encablure l'un de l'autre. Prenez la passerelle derrière la Grande Arche, marchez quelques minutes et vous êtes au Conseil Général. Certains le font tous les matins à pied. Imaginer alors qu'un courrier daté du 30 novembre ait mis un mois et demi à parcourir cette courte distance m'étonnait. Je vous avoue un réflexe coupable... imputer ce délai à notre administration postale, "cette administration que le monde entier nous envie" comme le dit si bien Jean Gabin dans Le cave se rebiffe en 1961. Mais que nenni, un coup d'oeil sur l'enveloppe et je constate que le courrier que vous avez signé le 30 novembre a été posté... le 11 janvier. Il n'a donc mis que 3 jours pour me parvenir, délai tout à faire raisonnable. Que les facteurs m'excusent cette coupable pensée. Mais comment expliquer alors que trois mois se soient écoulés entre votre bureau et le service courrier de votre administration ? Un article que votre service communication a du identifier comme une résurgence d'une affaire qu'il espérait sans doute voir enterrée. Et son meilleur conseil a sans doute été de tenter de vous exonérer de nouveau de tout responsabilité en anti-datant un courrier, oubliant que la machine à affranchir datée ferait son travail de délation de cette triste manoeuvre. Quoiqu'il en soit, à l'exception de ces détails risibles, plus dignes d'un cour de récréation que d'une administration comme la votre, je porte à la connaissance des milliers de personnes qui suivent avec attention les détails de cette affaire, le contenu de votre réponse. Un contenu dont ils pourront constater une nouvelle fois qu'il se borne à une réponse polie mais n'aborde aucun des sujets majeurs de cette affaire. Les 14 salariés licenciés le 31 décembre, les 35 qui vont l'être dans les prochaines semaines, apprécieront votre silence sur leur situation. La fermeture au public de ce monument et l'expulsion du musée de l'informatique et du musée du jeu vidéo ne semblent pas non plus un sujet qui mérite votre attention, nous le regrettons.
A force de lettres ouvertes sans réponse autre que le silence éternel des espaces infinis, d'appels et de relances, il fallait bien que cela finisse par se savoir...
Nous ne faisons pas de politique au musée de l'informatique, mais la situation nous contraint à côtoyer tout au moins par missives interposées les hommes et femmes politiques qui dirigent ou administrent notre pays. Face à des licenciements, des recettes fiscales perdues, une mauvaise gestion évidente d'un bâtiment public et de la situation ainsi générée... l'opposition ne pouvait pas passer à côté de l'affaire. Voici quelques liens vers les premières reprises que nous avons identifiées :
Si vous êtes vous aussi concerné par la situation, n'hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur cette sombre affaire :
Philippe Nieuwbourg
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