La roche Tarpéienne est proche du Capitole...
Message d'adieu au ministre qui a provoqué la fermeture du Toit de la Grande Arche, l'expulsion du musée de l'informatique et du jeu vidéo, la mise au chômage d'une cinquantaine de personnes... en résumé un beau gâchis comme nous en convenions il y a encore quelques jours dans les bureaux feutrés du ministère.
Et oui, Monsieur Borloo, c'est à vous que je m'adresse publiquement aujourd'hui. A vous que la rumeur donnait il y a quelques semaines encore partant pour l'hôtel Matignon, et qui finalement en termes politiquement choisis a décidé de ne pas participer au nouveau gouvernement.
Après une décision prise sans concertation avec l'ensemble des personnes concernées, après plusieurs propositions de dialogue, après des dizaines d'articles dans la presse et plusieurs courriers très officiels, vous avez choisi de persévérer dans cette voie. Et pourtant nous savons vous et moi que depuis quelques semaines, vous aviez demandé à être tenu informé des développements de ce dossier. Vous sentiez bien que la fermeture au public d'un monument tel que la Grande Arche et les licenciements qu'il entraine, ne donnaient pas une bonne image du Jean-Louis Borloo "social" que vous tentiez d'incarner auprès du Président de la République. Nous vous avons proposé d'en sortir de manière positive, vous avez choisi de ne pas saisir cette opportunité.
Lorsque je lis dans votre communiqué publié ce dimanche : "Je préfère, en effet, retrouver ma liberté de proposition et de parole au service de mes valeurs" au premier rang "desquelles je place la cohésion sociale"... le terme de cohésion sociale me fait doucement sourire, même si le sourire des 50 salariés qui sont en train de perdre leur emploi grâce à vous sera certainement plus crispé...
Je n'aurai pas la prétention d'imaginer un instant que cette affaire, que nous avons tenté de médiatiser, ait eu un rôle important à jouer dans votre "licenciement". Mais je me plais à penser qu'une double page dans Libération avec reprise à la Une, un courrier circonstancié adressé il y a dix jours au Président de la République et la communication régulière avec les services du Premier Ministre ont joué pour 0,000000001 % dans cette décision, ou peut-être encore moins. Peu importe, de toutes façons puisque c'est aujourd'hui du passé. Les salariés concernés mis au chômage, les milliers de visiteurs du musée, signataires de la pétition en ligne, sauront se souvenir de votre passage au Toit de la Grande Arche de la Défense. Nous ne vous disons pas "merci", mais bien "adieu".
La suite appartiendra à votre successeur.
