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Retour sur notre rendez-vous lundi 21 février au cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet

| Lu
fois

Hotel-de-roquelaure

 

Un petit coin de ciel gris clair dans un océan de désillusions… Après neuf mois de silence méprisant, de non réponse à nos demandes et de fins de non-recevoir, l’année 2011 commençait par la publication d’une lettre ouverte adressée à Nathalie Kosciusko-Morizet. Nouvelle ministre en charge depuis le remaniement des dossiers laissés par son prédécesseur Jean-Louis Borloo, elle hérite en effet du « dossier » musée de l’informatique, qu’elle connaissait cependant bien pour avoir parrainé le congrès de janvier 2010 sur l’internet du futur et pour avoir été saisie au titre de l’économie numérique, de la disparition prévue de notre travail de mémoire.

Et donc après neuf mois d’impossibilité de discussion avec les services du ministère, le dossier n’ayant donc pas avancé d’un pouce, nous avons été heureux de recevoir fin janvier un courrier du cabinet de la ministre, nous proposant un rendez-vous rapide afin de faire le point sur la situation. Quand je dis « nous », c’est que Musée de l’informatique et Musée du jeu vidéo, ayant tous les deux interpellé la ministre, avons reçu tous deux cette proposition de rendez-vous.

Après quelques péripéties dont je vous épargnerai les détails, c’est ce lundi à 15h que nous avons pu rencontrer Pascal Berteaud, directeur adjoint du cabinet et Valérie Cocozza, chef de cabinet, au cabinet de la ministre, boulevard Saint-Germain.

Sceptique par nature, et par nécessité après ces derniers mois d’affaire, j’abordais ce rendez-vous avec espoir, mais sans pour autant en nourrir de faux. Dans une ambiance très détendue, nous nous sommes tout d’abord rappelés mutuellement que la situation avait été créée en avril 2010, alors que nos interlocuteurs n’avaient pas été nommés à ces postes. Nous avons pu ainsi aborder le sujet sans ressentiment de part et d’autre.

J’ai présenté à Madame Cocozza et à Monsieur Berteaud une synthèse rapide de l’histoire du musée de l’informatique, des événements qui y furent organisés, de la situation actuelle, et Jean-Philippe Alba a fait de même pour le musée du jeu vidéo. Je dois reconnaître que nous avons été écoutés avec attention et c’est déjà pour nous un premier point positif.

Nous avons ensuite parlé de la Grande Arche et de son toit… car ne l’oublions pas, le problème de l’avenir de nos deux musées ne vient pas d’une décision politique nous concernant. Mais bien d’un problème latent depuis vingt ans, celui du Toit de la Grande Arche, et peut-être même celui du bâtiment dans son ensemble. Gouffre financier en entretien, en contraintes de sécurité, difficile à rentabiliser, il a vu les projets d’exploitation se succéder sans succès et les gouvernements se désintéresser totalement de son entretien. Vingt ans après son ouverture, les rafistolages ne suffisent plus à cacher la misère et le bâtiment montre son vrai visage. Selon Pascal Berteaud, les charges (hors loyer) d’entretien du seul toit de la grande arche se monteraient à 500 000 euros par an. Amortir ces charges, le prix d’un loyer normal et les coûts de sécurité imposés par un cahier des charges drastique (pour les spécialistes : un ERP installé au sommet de deux IGH), semble difficile voir impossible. D’où la décision brutale et de mon point de vue prise sans réflexion suffisante par les fonctionnaires du ministère de fermer le toit de la grande arche en avril dernier, sans ce soucier des conséquences humaines, économiques et sociales.

Je ne reviendrai pas ici sur les procédures judiciaires en cours. N’en étant pas partie au sens juridique du terme, les informations que je collecte ne sont que partielles et en retard. Seule certitude sur laquelle tout le monde s’accorde, nous en avons pour des années de procédure ! Et il faudra attendre la sortie du livre qui racontera, dans cinq ou dix ans, ce scandale pour savoir toute la vérité.

Quoiqu’il en soit, nous avons su attirer l’attention de Pascal Berteaud sur la déception que représente pour des centaines de milliers de visiteurs et des centaines de groupes scolaires la fermeture du musée de l’informatique et du musée du jeu vidéo. Nos interlocuteurs ont semblé regretter cette situation et vouloir sincèrement nous aider à trouver une solution pour déplacer les deux musées. La conclusion, tout à fait positive, de ce rendez-vous est donc l’engagement pris par nos interlocuteurs de saisir différentes personnes et institutions afin de leur demander d’étudier les moyens de relogement du musée de l’informatique et du jeu vidéo. Des lieux, des organismes ont été cités, mais il me semble trop tôt pour les mentionner ici.

Cependant, comme me l’ont appris ces neuf derniers mois, et comme me l’a appris le fondateur de Intel, Andy Grove, seuls les paranoïaques survivent… je resterais donc très prudent et suis loin de crier victoire. Tout d’abord parce que rien n’est fait. A l’issue de ce rendez-vous le musée de l’informatique n’est pas plus ouvert ou pas moins fermé qu’il ne l’était la veille. Aucune piste concrète, aucune date, n’ont été fixées.

Mais l’intention de nous aider a clairement été exprimée par nos deux interlocuteurs et, sachant qu’ils lisent certainement ce blog, je les en remercie sincèrement. Ajoutant que lorsque le geste prendra la suite de la parole, nous pourrons alors envisager de sortir  ensemble de cette séquence de communication négative qui nous épuise tous. Tant qu’il ne sera question que de procédures judiciaires, de pétitions et de retombées presse, rien de positif ne ressortira.

Voici donc pourquoi il me fallait quelques lignes pour vous rendre compte de ce rendez-vous important. Rien n’a changé, mais une perspective nouvelle s’entrouvre… un petit coin de ciel gris clair dans un océan de désillusions. Dans l’intervalle, vous continuerez bien entendu à m’entendre et à me lire me plaindre de la façon donc la culture scientifique et le patrimoine technologique sont traités en France !

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